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Beaujolais : "Les investisseurs lyonnais sont de retour dans le vignoble"

Publié le - - Dossiers

Beaujolais : "Les investisseurs lyonnais sont de retour dans le vignoble"
Julien VERCHÈRE - A Fleurie, le château de Poncié et son grand cuvage ont séduit Jean-Loup Rogé, patron du groupe Implid.

Après s'être détournés du vignoble pendant plusieurs décennies, les investisseurs lyonnais s'intéressent à nouveau au Beaujolais. Focus avec Sébastien Jacquemont, de Vinea Transaction.

Le développement du vignoble beaujolais est historiquement lié à Lyon. Tout au long du XIXe siècle, avec l'amélioration des axes de transports et des circuits de distribution, les grandes familles lyonnaises ont été nombreuses à investir dans la région, ajoutant souvent une belle demeure bourgeoise au domaine viticole.

Au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, la relation s'est comme distendue. Jusqu'à ce que plusieurs investissements récents fassent de nouveau rimer Beaujolais et Lyonnais.

Domaines emblématiques, opérations médiatiques

En 2017, c'est l'industriel lyonnais Christophe Gruy (groupe Maïa) qui a ouvert une première fenêtre médiatique en rachetant le Château de la Chaize (Odenas), soit le plus grand domaine du Beaujolais. Objectif affiché : créer un domaine 100 % bio de plus de 100 hectares, valorisé à l'export sur des marchés premium. Le montant de la transaction est demeuré secret.

Début 2020, l'entrepreneur lyonnais Jean-Loup Rogé (groupe Implid) a quant à lui eu le coup de cœur pour le Château de Poncié, domaine historique du Beaujolais surplombant Fleurie (50 hectares de vignes et un important potentiel oenotouristique).

Allier plaisir et placement

Ces deux exemples cacheraient presque un mouvement de fond qu'observe avec attention Sébastien Jacquemont, à la tête de l'agence Vinea Transaction basée à Belleville-en-Beaujolais. "La demande est en hausse. Les investisseurs lyonnais sont de retour et le mouvement s'accélère depuis trois ans", explique le spécialiste, qui a déterminé plusieurs typologies d'acquéreurs.

Certains achètent uniquement du foncier, désireux de placer une partie de leurs économies dans une région au mouvement positif, qu'ils soient restaurateurs, cadres ou futurs retraités…. D'autres s'y mettent à plusieurs. "Via les GFA ou GFV, des acheteurs se retrouvent parfois à dix, quinze ou vingt autour d'un projet vin", souligne Sébastien Jacquemont. Un investissement associant placement et plaisir, "souvent porté par la volonté de participer à l'évolution du vignoble vers la production bio, le désir de pouvoir aller rencontrer le vigneron entre copains".

"Des ambassadeurs solides pour le vignoble"

Dans un registre différent, des Lyonnais et Lyonnaises font le choix d'exploiter eux-mêmes les vignes, achetant de petites surfaces tout en conservant une autre activité.

Si la majorité de la demande lyonnaise se situe sur des budgets de 30 000 à 150 000 euros selon le dirigeant de Vinea Transaction, certains acheteurs effectuent le grand saut. "Il existe aussi des personnes qui revendent leur propriété en région lyonnaise pour acheter un domaine comprenant l'habitation et les vignes, mais avec la volonté de ne pas trop s'éloigner de leur terreau social. Une demande qui émane particulièrement des Monts d'Or", poursuit Sébastien Jacquemont, qui ne boude pas son plaisir de voir revenir les investisseurs lyonnais.

"Ce sont aussi des ambassadeurs solides pour le vignoble, grâce à leurs réseaux dans la grande métropole voisine et à leur ouverture sur le monde. Le tout en étant connectés, par la proximité, aux valeurs du Beaujolais", conclut le spécialiste.

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Julien VERCHÈRE
Journaliste

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