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Beaujolais et Bourgogne, des rapports complexes

Publié le - - Dossiers

Beaujolais et Bourgogne, des rapports complexes
Julien VERCHÈRE - Le château de Pierreux, propriété du groupe Boisset, en appellation brouilly.

Si les deux vignobles sont historiquement et économiquement liés, la question de la délimitation de l'appellation bourgogne complique les relations actuelles.

Le Beaujolais est-il en Bourgogne ? La question agite les débats à intervalles réguliers, les enjeux financiers se mêlant aux instincts cocardiers pour raviver les braises d'un sujet brulant. D'un point de vue historique, le doute n'est pas permis. Il suffit de consulter une carte ancienne ou des documents jaunis par le temps pour constater que la "grande Bourgogne" étire ses vignobles ancestraux jusqu'au Beaujolais, presque jusqu'aux portes de Lyon.

Et puis il y a les faits. Depuis plus de vingt ans, maisons de vins et négociants bourguignons ont largement investi en Beaujolais, rachetant des acteurs historiques (Maison Louis Latour avec les vins Henry Fessy à Belleville-en-Beaujolais), reprenant des domaines à fort potentiel (Alfred Bichot avec le domaine de Rochegrès à Moulin à vent), ou encore signant des partenariats (Maison François Martenot avec les Hospices de Beaujeu à Régnié-Durette).

De plus en plus d'acteurs jouent d'ailleurs sur plusieurs tableaux, à l'instar du puissant groupe Boisset, propriétaire de la maison de négoce Mommessin basée à Quincié-en-Beaujolais mais aussi du domaine rattaché au prestigieux château de Pierreux à Odenas. Autant d'acteurs intégrés et essentiels à l'économie de la filière beaujolaise.

Une histoire de délimitation

Que des Bourguignons produisent ou commercialisent des appellations beaujolaises, c'est une chose, que l'on produise du bourgogne en Beaujolais, c'en est une autre. Certains vignerons beaujolais ont enclenché cette petite révolution, commercialisant leurs cuvées issues de cépages pinot et chardonnay en bourgogne rouge et bourgogne blanc. Ce qui ne manque pas de faire tousser leurs alter ego plus au nord.

En la matière, la question n'a jamais été réellement tranchée. Entamé en 1937, le travail de délimitation de l'AOC bourgogne n'a jamais été finalisé. Le 6 février 2020, enfin, l'Institut de l'origine et de la qualité (INAO) devait promulguer une carte définitive. Problème, si le texte prévoyait d'inclure 24 communes du Beaujolais au sein de l'AOC bourgogne, il menaçait en parallèle d'en retirer des dizaines d'autres au nord, dont Chablis. Tollé, manifestation à Paris… et recul de l'INAO en février dernier.

Si le bout du tunnel semble proche, seule une décision claire et officielle quant à cette histoire de délimitation d'aire de production pourra faire repartir les relations entre Beaujolais et Bourgogne sur des bases saines.

Retrouvez notre dossier "spécial Beaujolais"




Julien VERCHÈRE
Journaliste

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