AccueilDroitAvocats - William Feugère : « Stop à l'archaïsme »

Avocats - William Feugère : « Stop à l'archaïsme »

Très attendue, la séance d’ouverture a tenu toutes ses promesses avec une série d’interventions des personnalités de la profession et en point d’orgue le discours de William Feugère, le président national de l’ACE.

Vie juridiqueDroit Publié le ,

A noter l’absence de la garde des Sceaux Christiane Taubira représentée par le directeur des affaires civiles et du sceau Laurent Vallée. Une séance d’ouverture qui fut très « politique » ou chaque intervenant a donné son sentiment sur la situation de la profession d’avocat et sur son avenir. Des propos allant du pessimisme, « un avocat sur cinq quitte la profession avant cinq années d’exercice », selon Christiane Feral-Schuhl bâtonnier de Paris, à l’optimisme : « Il n’y a que 55 000 avocats en France », c’est trop peu selon Christian Charrière Bournazel, président du CNB. Laurent Vallée a quant a lui insisté sur l’exigence de qualité dans la formation ainsi que sur le démarchage qu’il s’agit de bien encadrer. Enfin le président de la cour de Cassation Vincent Lamanda a indiqué que la juridiction suprême, qui a des contacts avec les juridictions étrangères équivalentes, était très attentive aux évolutions économiques. « Les règles de droit doivent en effet évoluer. Il faut proposer de nouveaux modèles juridiques sachant que désormais le droit irrigue tous les rapports de la société », a précisé Vincent Lamanda.
Par ailleurs tous les intervenants ont indiqué que les avocats devaient investir d’autres pistes Pour le président du CNB Christian Charrière Bournazel : « Il n’y a pas encore assez de conscience collective. Il s’agit d’abord de rassurer les avocats ». Allusion a l’évocation du statut de l’avocat en entreprise et du dossier sur les juristes d’entreprise qui semble refaire surface et ne fait pas l’unanimité dans la profession.
Mais c’est sans aucun doute le discours sans langue de bois du président Feugère qui aura le plus marqué de son empreinte cette séance d’ouverture : « Nous sommes des entrepreneurs et il faut l’assumer. Nous nous devons d’être au coeur de l’entreprise, voire d’exercer en son sein, connaitre le management et le marketing. Nos clients les entrepreneurs y gagneront en sécurité ». Et William Feugère de lancer la question test : « Notre profession est-elle adaptée ? » Pour le président de l’ACE rien n’est moins sûr.
« En fait notre gouvernance est surannée et le CNB est fragilisé par la concurrence éparpillée. Stop à l’archaïsme. Les Ordres locaux sont indispensables mais ils sont trop nombreux. » Et William Feugère d’indiquer : « Il y a un bâtonnier à Paris pour 25 000 avocats et 160 en Province pour 30 000 confrères. Il faut instaurer un barreau de cour pour résoudre le problème », préconise sans ambiguïté le président de l’ACE concluant : « Il faut que nous ayons une démarche d’intelligence économique ».
Un discours déjà entendu mais que William Feugère répète aux tribunes auxquelles il participe prétextant que la communication institutionnelle des avocats ne s’est que très peu adressée aux entrepreneurs : « Pour être désirés il faut préalablement se faire connaitre ». Nombreux étaient les participants qui, à l’issue de ce congrès-anniversaire, espéraient que l’action de leur président et des représentants de l’ACE sera suivie de résultats positifs et d’initiatives au plus haut niveau.

Marc Chanoz

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