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Avignon : la révolte et l'amour des possibles

Avignon : la révolte et l'amour des possibles
© Christophe Raynaud de Lage

CultureSpectacle vivant Publié le ,

« On ne fait pas la révolution seul. Les grands changements, les révolutions sont toujours le fait de forces collectives favorisées par le vent de l’histoire. Mais comment vivre quand ce vent se tait? Comment vivre quand les idées n’ont plus de valeur, quand le corps social est écartelé, apeuré, réduit au silence? » Ces mots d’Olivier Py, qui introduisent la plaquette du 70ème festival d’Avignon illustrée par un croquis d’une ruade d’âne, disent beaucoup sur une affiche 2016 qui monte au créneau pour inventer un espoir politique.

De la narration à la performance, portée par les artistes de la Comédie Française ou du Moyen Orient, dans la cour d’honneur ou sur les routes du département du Vaucluse, la révolte s’immisce dans les 51 spectacles, dont 36 créations, proposés dans 45 lieux. Beaucoup d’entre eux parlent de la montée du populisme ou du nationalisme, comme Place des héros de Thomas Bernhard mis en scène par le Polonais Krystian Lupa. La présence de nombreux collectifs témoigne aussi d’un théâtre qui se réinvente dans un contexte financier assombri par la baisse des subventions au spectacle vivant. Place des héros sera à l’affiche du TNP, la saison prochaine, comme d’autres spectacles créés ou présentés à Avignon. A la Carrière de Boulbon, Jean Bellorini signe une adaptation des Frères Karamazov de Dostoïevski (Célestins) et Arnaud Meunier reprendra, au TNG, Truckstop de Vekemans qu’il crée à la chapelle des Pénitents blancs.

Parmi les têtes d’affiches de cette édition 2016, Angélica Liddell présente Qué haré yo con esta espada ? au Cloître des Carmes. Julien Gosselin, révélé avec LesParticules élémentaires d’après Houellebecq, investit La Fabrica avec 2666. Thomas Joly qui a laissé à Avignon l’empreinte de la saga Henry VI de Shakespeare, revient avec Le Radeau de la Méduse de Kaiser (Lycée Saint-Joseph). Le patron du festival, Olivier Py, prend les chemins de traverse avec Prométhée enchaîné d’Eschyle, spectacle itinérant, et Eschyle, pièces de guerre qu’il crée à la chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon. Des artistes moins connus ou pas du tout connus complètent l’affiche d’un festival qui ose la découverte.

6 au 24 juillet.
www.festival-avignon.com

Retour de la Comédie-Française

Après un quart de siècle d’absence, la troupe de la Comédie-Française emmenée par Denys Podalydès et Guillaume Gallienne, ouvre le festival d’Avignon. A la Cour d’honneur, les comédiens joueront Les Damnés, d’après le film de Visconti. Une fresque shakespearienne de l’Allemagne des années 30 à travers l’histoire d’une famille d’industriels qui sombrera au fur et à mesure que ses membres adhèrent au pouvoir nazi. Adaptateur et metteur en scène de ce spectacle, le Flamand Ivo van Hove, dont le théâtre, résolument subversif, utilise la vidéo et la musique en livre. Cet été, il revient à Avignon auréolé du succès de Fountainhead (La source vive) d’Ayn Rand, le spectacle phare de l’édition 2014, et de l’enthousiasme déclenché, ces dernières semaines à Paris, par son adaptation de Vu du Pont d’Arthur Miller que pourra voir le public lyonnais. Ce même public qui avait applaudi, en 2012 à l’opéra, sa version du Macbeth de Verdi.


Cour d’Honneur du Palais des Papes, du 6 au 16 juillet à 22 heures.

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