Au ralenti…

« Ni tournant, ni changement de cap ou de politique ». Lors de son allocution télévisuelle, Emmanuel Macron ambitionnait de relever un double défi : éteindre le foyer igné qui couvait au sein du gouvernement et dans la population et réaffirmer son statut de chef unique, aux commandes d'un navire évoluant au ralenti dans l'attente du remaniement.

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Deux semaines – une éternité, et un record sous la Ve République ! Deux semaines pour dévoiler la nouvelle composition du gouvernement, sans aucune révolution de palais. Christophe Castaner, l'homme du président, hérite de l'Intérieur. Quelques nouvelles têtes (Franck Riester, ministre de la Culture ; Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires ; le juvénile Gabriel Attal, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education nationale), des promotions (Julien Denormandie, ministre du Logement) et quelques prises, comme le sénateur de la Drôme, Didier Guillaume, nouveau ministre de l'Agriculture. Bref, pas de quoi fouetter un chat, à en juger par les premiers sondages déclenchés suite à cette restructuration. La feuille de route demeure inchangée…

Ministre de la Transition écologique et solidaire, chargée des Transports, Elisabeth Borne a été maintenue en poste. Elle a cependant fait l'actualité en annonçant aux parlementaires régionaux de la majorité l'abandon pur et simple du projet d'autoroute A45. Une information qui a immédiatement fait réagir le président d'Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, et les Ligériens Gaël Perdriau et Georges Ziegler, respectivement à la tête de Saint-Etienne Métropole et du Département. Ces derniers fustigent la méthode, mais surtout une décision « incompréhensible », qualifiant ce projet de liaison autoroutière de « vital » pour les territoires et pour « les acteurs économiques, les usagers et les élus, mobilisés depuis vingt ans ». L'inquiétude grandit désormais autour des autres projets structurants concernés par la future loi d'orientation des mobilités (LOM).

L'avant-projet de LOM abrite une disposition offrant la possibilité aux communes d'instaurer un péage urbain. L'objectif est dual : limiter le trafic automobile et lutter contre la pollution et les nuisances environnementales. La question réside essentiellement dans le montant des droits de péage. Ce dernier devrait être « déterminé de manière forfaitaire pour chaque entrée dans la zone soumise au tarif ». A savoir 2,50 € pour les véhicules légers dans les cités de 100 000 habitants. Pour les très grandes villes – Paris, Marseille et Lyon –, il pourrait être de 5 €. Et pourrait être quadruplé pour les camions. Des exonérations seraient toutefois envisagées pour les véhicules de secours ou d'intérêt général. A l'aune de la douloureuse expérience des portiques écotaxe, aucune barrière de péage ne devrait être érigée aux entrées de ville. Un système de téléservice, enregistrant les passages, est plébiscité. A l'heure où le prix des carburants atteint des sommets, l'automobiliste lambda risque une fois encore de mettre la main au porte-monnaie. Le nouveau gouvernement devrait donc être vigilant sur le pouvoir d'achat des Français, afin d'éviter la sortie de route…

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