AccueilActualitéAtmosphère pesante

Atmosphère pesante

.

Actualité Publié le ,

« Notre maison brûle » ! L'avertissement signé de Jacques Chirac, martelé à la tribune du Sommet mondial pour le développement durable à Johannesburg, en septembre 2002, résonne encore dans toutes les têtes. Dans ses propos liminaires d'un discours consciemment alarmiste, feu l'ex-président précisait : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. La nature, mutilée, surexploitée, ne parvient plus à se reconstituer et nous refusons de l'admettre. L'Humanité souffre. La Terre et l'Humanité sont en péril et nous sommes tous responsables ». Visionnaire à une époque où l'environnement n'était pas sur toutes les lèvres et n'irriguait pas les nervures des conversations. L'incendie, le 26 septembre, de l'usine Lubrizol de Rouen ne fait, malheureusement, que donner raison à ceux qui ont joué les Cassandre, ceux qui par instinct, sorte de tropisme, ont orienté les forces et les énergies vers la préservation de la planète… La catastrophe normande a dévoilé son terrible bilan : 5 253 tonnes de produits sont partis en fumée, des additifs multi-usages, des améliorants de viscosité, des détergents, des dispersants… La liste fait froid dans le dos et nécessairement inquiète les riverains mais au-delà, tous ceux qui potentiellement ont pu inhaler, ingérer ou simplement être en contact avec ces matières !

D'autres données, aux forts relents anxiogènes, accréditent la thèse d'un monde qui perd la face. Jamais le marché des pesticides n'a été aussi juteux. En 2018, ledit marché pesait quelque 48 milliards d'euros. Ce chiffre d'affaires mondial a quasi doublé en une décennie. Nonobstant certaines démarches vertueuses et certaines initiatives locales ou régionales (la Région Auvergne-Rhône-Alpes a lancé un grand plan d'adaptation au changement climatique en faveur des agriculteurs), témoignant d'une réelle prise de conscience, force est de constater que l'Europe représente (encore) près d'un quart de ce marché des pesticides. Un constat qu'il convient de corréler à la consommation mondiale d'huile de palme en constante augmentation. Qu'elle soit à destination de l'agroalimentaire ou à usage industriel. Ainsi, de 2007 à aujourd'hui, la consommation d'huile de palme a doublé (en milliers de tonnes métriques). Inquiétant !

Rien n'est perdu cependant. Comme en atteste la présence de scientifiques étrangers sur notre sol domestique, à l'occasion, ce 1er octobre, de la première conférence du programme prioritaire de recherche sur la lutte contre le changement climatique, baptisé « Make our planet great again » et lancé par Emmanuel Macron. Des chercheurs hébergés en France, souvent dans les laboratoires du CNRS (à Lyon et à Grenoble) et désireux de faire bouger les choses.

Partage
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?