Fermer la publicité
Journal d'annonces légales et d'informations économiques pour le département du Rhône

LDLC -Asvel : du parquet au « sportainement »

le - - Economie

LDLC -Asvel : du parquet au « sportainement »

En 5 ans, l'Asvel est devenue la locomotive du basket français braquant les projecteurs sur un sport né au Etats-Unis, dont les pratiquants et supporters ne cessent de croître dans l'Hexagone. Si, par le passé, d'autres équipes comme Limoges, Pau, ou Chalon ont porté haut les couleurs du basket français, aucune n'a su développer un modèle économique stable, basé sur le sport et le business...

... C'est chose faite à Lyon grâce à l'arrivée d'un homme providentiel : Tony Parker. Champion français et nord-américain sans conteste à l'aura internationale toujours vive, le jeune retraité, devenu entrepreneur, a jeté son dévolu sur le club rhodanien rebaptisé LDLC Asvel - devenant actionnaire en 2009 minoritaire puis majoritaire en 2014 - qu'il rachète pour transformer cette pépite en diamant. Pragmatique et ambitieux, « TP » a su s'entourer pour d'abord glaner des titres* sur le parquet avant de prétendre à déployer une mécanique économique cohérente qui propulse aujourd'hui le club au plus haut niveau européen en intégrant la très sélective Euroligue. Ouverture d'un centre de formation, projet de nouvelle salle, naming développement d'une stratégie premium des partenariat… Bienvenue dans la dynastie Parker.

* Depuis l'arrivé de Tony Parker aux commandes en 2014, le club a remporté deux titres de champions de France (2016,2019) et une coupe de France (2019) avec l'équipe masculine et le titre de champions de France avec l'équipe féminine (2019).

Mécanique sportive et business

2014 fut une année chargée en émotion pour l'Asvel puisqu'elle coïncide avec la disparition d'André Buffière, joueur et coach emblématique du club et avec l'arrivée de Tony Parker qui en devient l'actionnaire majoritaire. Depuis, l'ex-joueur (4 fois champion NBA et champion d'Europe avec les Bleus), trace une nouvelle voie pour un club dorénavant baptisé LDLC Asvel dont les rêves de grandeur n'ont d'égal que l'ambition de son propriétaire.

La dynamique Parker c'est d'abord l'exigence d'un modèle économique et sportif. Sa double culture française et américaine l'ont conduit à déployer une mécanique entrepreneuriale mêlant ambition, pragmatisme et un patriotisme assez innovant vis à vis d'un pays qui l'a formé avant de l'envoyer outre-Atlantique. Depuis sa prise de fonction en 2014, Tony Parker, et comme il l'indique dans le récent film (réalisé en partenariat avec RMC Sport) qui retrace l'année 2019, celle des titres acquis par les équipe pro féminine et masculine, souhaite « créer une dynastie ».
Pas d'égo sur-dimensionné, l'homme jouit d'une notoriété et d'un statut de gagnant qui irradient son entourage et qui font aujourd'hui mouche dans les affaires. Il veut réussir dans le business comme sur les parquets.
Pour cela, il s'est entouré d'amis très proches nommés à des postes clés (Gaëtan Müller, Marie-Sophie Obama et Nicolas Batum, respectivement président délégué LDLC Asvel, présidente déléguée de LDLC Asvel Féminin et directeur des opérations basket).

Perdurer dans l'élite européenne

Côté partenariat, le naming avec le groupe informatique LDLC (le contrat, évolutif sur les 10 prochaines années, est estimé entre 8 et 9 % du budget 2018-2019 qui se montait à 11 M€ pour l'équipe masculine. Il s'opère jusqu'en 2023 pour l'équipe féminine), la co-construction de son centre de formation La Tony Parker Adequat Academy, avec le groupe Adéquat (spécialisé dans le recrutement), sont des éléments constitutifs de développement du club à l'échelon européen. L'entrée de l'Olympique Lyonnais au capital et le projet commun de salle multifonctions d'ici 2023 qui accueillera certains matches d'Euroligue, renforce cette dynamique de progression vers le plus haut niveau.

L'Euroligue, championnat dans lequel est engagée provisoirement l'équipe fanion pour une durée de 2 ans, constitue en cela un graal. Cette ligue fermée de 18 clubs représente une manne financière incontestable tant au niveau des droits télé (200 000 euros par an sur les deux prochaines année puis 1 à 1,2 M€ si l'Asvel intègre définitivement cette compétition) qu'au niveau des partenariats qui vont faire l'objet de renégociations à la hausse. « Nous y travaillons activement » confirme Gaëtan Müller.

Le défi de Tony Parker sera ainsi de transformer la wild card obtenue pour deux ans en une adhésion à vie à cette compétition. Depuis 2014 et l'arrivée de Tony Parker le budget du club est passé de 5 M€ à 11 M€ en 2019. Le budget prévisionnel en 2024 prévoit 15 M€.

L'Euroligue un format idéal de business

En 2019, les revenus de l'Euroligue, compétition la plus élevée dans le basket sur le Vieux continent, se sont élevés à plus de 450 M€. Les droits télé et contrats de gestion des droits commerciaux sont inhérents à cette manne financière. Fondée en 2000, l'Euroligue, présidée par Jordi Bertomeu, est devenue une ligue semi-fermée de 18 franchises dont 16 permanentes. Un modèle proche de celui du championnat nord-américain de la NBA. Le format a de quoi plaire surtout lorsqu'on sait que la valorisation des clubs engagés est estimée entre 60 et 230 millions de dollars (Source : site du magazine Forbes, octobre 2018). Ayant obtenu son ticket pour deux ans, l'Asvel est le seul représentant français jusqu'en 2021. En visite à Villeurbanne le 5 octobre, J. Bertomeu a déclaré « qu'il s'agissait d'une belle épopée pour l'Asvel qui aurait toutes les chances de perdurer en Euroligue. Ce n'est que le début il ne lui manque de que le temps ».

Jérôme Rieux
« Tony Parker est plus qu'une star il a de la classe »

L'entrepreneur Tony Parker a frappé un grand coup en ouvrant à Lyon son centre de formation de basket, la Tony Parker Adéquat Academy. Un modèle innovant de structure mêlant projet professionnel et performances sportives. Jérôme Rieux, directeur général du groupe Adéquat (spécialiste du recrutement basé à Lyon), à l'origine de cette co-construction raconte sa rencontre avec « TP ».

« Il y avait un terreau fertile à la concrétisation de ce projet unique au monde ! Il y a eu bien sûr la rencontre entre Tony Parker et Jean-Marc Brun notre PDG qui suivait depuis de nombreuses années l'Asvel. Mais il y avait surtout un projet qui avait du sens pour notre groupe. Nous ne nous sommes jamais trop exposés dans l'histoire d'Adéquat, le moment était venu d'accroître aussi notre visibilité dans un contexte de fort développement, après avoir passé cette l'année dernière le cap du milliard d'euros de chiffre d'affaires » explique Jérôme Rieux dont une partie des équipes (5 personnes) va être mobilisée au sein même de l'académie à Gerland avec l'ouverture d'une agence Adéquat à part entière.

« L'image que nous a renvoyée Tony Parker est celle d'un gagnant, d'une personne clean. Il ne se comporte pas en star, c'est plutôt quelqu'un qui a la classe » poursuit le dirigeant.

Lors de l'inauguration de la Tony Parker Adéquat Académy, le 3 octobre dernier, l'ex-basketteur avait déclaré « Je voulais créer quelque chose qui puisse avoir un impact sur les nouvelles générations. Cette académie est plus importante que tous les titres que j'ai pu gagner ».

Nouvelle salle : L'OL entre dans la danse

Deux générations d'entrepreneurs ont décidé de s'unir pour valoriser leurs business respectifs. Avec une prise de participation minoritaire de 3,4 M€ (25 %) au sein de LDLC Asvel et 0,3 M€ (10 %) au sein du club féminin, Jean-Michel Aulas et OL Groupe bénéficieront en retour de l'image d'un champion largement connu à l'international dans le cadre du déploiement du club de foot aux Etats-Unis et en Asie notamment. Des synergies sont aussi prévues pour les activités sponsoring et billetterie.

Cette prise de participation scelle aussi le projet de nouvelle salle voulu par Tony Parker. Un projet à Villeurbanne avait un temps été évoqué, l'Astroballe, antre de l'Asvel jugée vieillissante et trop étriquée. Ainsi Jean-Michel Aulas a-t-il annoncé la construction d'une salle multifonctions (15 000 à 17 000 places) attenante au Groupama Stadium à Décines qui verra le jour fin 2022 début 2023. Elle sera financée en totalité par l'OL en cash flow pour un montant de 100 M€.« L'Asvel restera à l'Astroballe, avec certes des matches d'Euroligue joués à Décines mais pas tous » précise Gaëtan Muller.




Julien THIBERT
Journaliste

Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

Le Tout Lyon Journal d'annonces légales et d'informations économiques pour le département du Rhône

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide


Fermer
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et de technologies similaires par notre société ainsi que par des tiers, afin de réaliser des statistiques d'audiences et de vous proposer des services éditoriaux et la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux. En savoir plus / paramétrer