Fermer la publicité
Journal d'annonces légales et d'informations économiques pour le département du Rhône

Apocalypse now

le - - Actualité

.

La crainte d'un nouveau « Rouen ». La peur d'une catastrophe similaire à celle de l'usine Lubrizol. L'incendie survenu, à Villeurbanne, au cœur même de Bel Air Camp, qui abrite 55 start-up, TPE/PME ou entreprises de taille supérieure pour un total estimé de 350 emplois, a marqué les usagers de la pépinière et les riverains. Après avoir relevé avec satisfaction l'absence de victimes et – même si les analyses sont en cours et le risque sanitaire non encore complètement écarté – de pollution de l'air, le couperet est tombé. Aussi féroce qu'insupportable. Foin d'hyperbole, certains ont tout perdu. Comme l'a confié la directrice du site, Pauline Siché-Dalibard, à notre rédaction. Ces entrepreneurs ont dû renoncer à leurs outils de travail, moult documents, leurs équipements, leurs stocks et jusqu'à leurs prototypes. Si le Fab Lab a été épargné, 70 % des espaces bâtis ont subi les ravages des flammes, impactant, avec effet immédiat, l'activité sur place.

A l'aune de la mobilisation célère et efficiente des collectivités locales, notamment de la Métropole de Lyon et de la Ville de Villeurbanne, mais aussi, voire surtout, des acteurs économiques locaux, il convient d'admettre que l'écosystème entrepreneurial lyonnais a, une fois encore, déployé toute sa palette de solidarité afin de témoigner d'une belle force de résilience. Des solutions de « relogement » des sociétés touchées ont été proposées. Par la Métropole de Lyon tout d'abord, qui dispose de trois pôles sis à La Duchère, Givors et Neuville-sur-Saône, sans omettre la pépinière d'entreprises Saône Mont-d'Or à Genay. Par Bel Air Camp lui-même, à travers ses autres bâtiments, parfois reconfigurés, à l'instar de Bel Air Camp 3, dont les salles, dédiées initialement à l'organisation de réunions, ont été agencées en espaces de coworking ; parfois réaménagés, comme les 6 000 m2 du bâtiment Musset implanté à proximité qui devrait être opérationnel à horizon de trois mois afin d'accueillir les « naufragés » de Bel Air Camp. Du côté de la Région, certains élus réclament le déblocage d'une enveloppe exceptionnelle, à l'image de celle allouée à la Casemate de Grenoble, centre de culture scientifique technique et industrielle, ravagée par un incendie fin 2017.

De l'adaptation, de la réactivité, du soutien, de l'imagination, de l'initiative. S'il constate avec effroi l'étendue des dégâts, Didier Caudard-Breille, le président de la pépinière, semble d'ores et déjà tourné vers la reconstruction. Nanti d'une énergie dont il ne se sépare jamais, le chef d'entreprise entend bien redonner de l'élan à cet incubateur. Pour lui, pas de clap de fin ! Plutôt le tournage d'une nouvelle aventure. Alors que les projecteurs se braquent sur le Festival Lumière version 2019, qui honorera le cinéaste Francis Ford Coppola, les décideurs lyonnais, qu'ils soient élus ou entrepreneurs, ont pleinement conscience que si l'apocalypse a eu lieu, l'avenir, porté dans un effort collectif, sera plus réjouissant.




Laurent ODOUARD
Journaliste

Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

Le Tout Lyon Journal d'annonces légales et d'informations économiques pour le département du Rhône

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide


Fermer
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et de technologies similaires par notre société ainsi que par des tiers, afin de réaliser des statistiques d'audiences et de vous proposer des services éditoriaux et la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux. En savoir plus / paramétrer