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Antoine de Riedmatten : " Rapprocher la culture du monde de l'entreprise "

Publié le - - Economie

Antoine de Riedmatten : " Rapprocher la culture du monde de l'entreprise "
©JJR054 - Antoine de Riedmatten, PDG du groupe In Extenso

Le fonds de dotation du Musée des Confluences, constitué récemment, a vocation à rapprocher le monde de la culture avec celui de l'entreprise. Co-fondateur de cette structure, Antoine de Riedmatten, président du groupe In Extenso (expertise comptable), en dévoile les ambitions.

Pourquoi avoir pris l'initiative de créer ce fonds de dotation ?

Une entreprise d'un territoire doit animer à sa manière le quartier, sa ville où elle est implantée. C'est notre cas puisqu'en avril dernier nous sommes sortis du groupe Deloitte pour prendre notre indépendance à Lyon, précisément à Confluence. Il était important pour notre groupe de montrer notre attachement à ce territoire. A cette première démarche s'ajoute le constat que l'entreprise doit avoir un impact qui dépasse sa propre activité. Le fait d'avoir 100 000 clients et 5 000 collaborateurs implique une approche et une vision sur un certain nombre de domaines. En cela, nous considérons que la culture est un point de convergence.
Aussi, notre groupe œuvre beaucoup sur la question de la création d'entreprise. Tout le monde n'a pas les mêmes chances de devenir entrepreneur et de créer son entreprise ; ce qui nous a amené à aider des associations comme Sport dans la Ville avec leur programme « Entrepreneurs dans la ville » ou encore 60 000 Rebonds. Précisément, nous avons constaté que certaines personnes ne possédaient pas les codes culturels de ceux qu'ils allaient rencontrer durant leur carrière entrepreneuriale.
Le musée des Confluences nous semble être une réponse pour pallier ce décalage. Notre idée est d'amener le musée vers des gens pour qui la culture peut faire peur. In fine, nous souhaitons travailler sur une égalité des chances pour l'entrepreneuriat. Aussi, les premiers fondateurs du fonds sont des entreprises qui ont leur siège à proximité du musée, à Confluence et à Gerland, finalement de part et d'autres du musée, pour le coup véritable point de confluence (Biomérieux, Boehringer Ingelheim, CNR).

Aviez-vous l'expérience du mécénat auparavant ?

Nous l'avions mais pas pas de manière autonome, puisque nous appartenions à un groupe. Nous avons appris malgré tout de cette expérience, notamment à travers des actions de mécénat auprès des jeunes avec le musée du Louvre ou le Château de Versailles et cela m'a beaucoup inspiré. Pouvoir amener la culture hors-les-murs faisait partie de nos motivations. Nous avons en parallèle créé notre propre fonds baptisé « In Extenso entrepreneur et solidaire ».
L'entreprise nous semble avoir toute sa place dans la vie du musée. C'est pourquoi je suis aussi entré au conseil d'administration pour faire ce lien. Le musée ne manque pas de projets, c'est un point positif, avec plusieurs expositions temporaires qui se déroulent en même temps, donc une diversité de sujets et de publics que l'on peut toucher. C'est un lieu qui vous pousse à revenir.

Cinq ans après l'ouverture du musée, le timing vous a donc semblé le bon pour vous investir ?

Il se trouve qu'un des fondateurs d'In Extenso est administrateur du musée depuis son origine. Notre prise d'indépendance a permis de renouer avec cet historique. Et puis, nous souhaitions faire connaître notre marque avec un certain nombre de messages que l'on voulait diffuser. Notre démarche fait écho notre slogan : « Être là, rendre clair ».
A l'image de notre métier d'expert-comptable qui travaille sur des données complexes, le musée traite aussi de sujets qui le sont tout autant, avec des expositions sur le poison ou les épidémies par exemple. Avec cette question sous-jacente : comment les mondes de la recherche, de la culture et de l'entreprise peuvent se retrouver à un moment pour trouver des solutions.

Comment va évoluer le fonds ?

L'avantage des 4 fondateurs est d'avoir leur propre réseau à mettre à disposition du musée. Nous intervenons en tant que facilitateur. Notre premier projet porte sur la création d'un nouvel espace consacré aux donateurs et à l'histoire de leurs collections. Il sera baptisé « Galerie des donateurs Émile Guimet », en hommage à l'industriel lyonnais. L'objectif est de pouvoir les partager auprès du plus grand nombre, à l'image de l'exposition récente sur les coiffes. Des expériences comme celle qu'a pu vivre Boehringer Ingelheim sont inspirantes. En accueillant pendant deux ans le squelette d'un narval appartenant au musée, le groupe a fait entrer la culture dans l'entreprise, pour ses salariés et ses visiteurs.

L'environnement fiscal lié au mécénat suffit-il à motiver les entreprises à s'inscrire dans une telle démarche ?

Le système fiscal est intéressant mais ne justifie à lui seul cette démarche des entreprises. De toute manière, avantage fiscal ou pas, l'entreprise dépense. Cependant la fiscalité peut orienter des opérations de mécénat vers des secteurs qui en ont besoin. Notre aide sera plus que financière donc.

Comment est structuré financièrement le fonds ?

L'engagement des 4 premiers mécènes porte sur 50 000 € par an, sur trois ans. Les prochains mécènes rejoignant le fonds pourront s'engager à cette même hauteur ou à hauteur de 15 000 € par an sur trois ans pour les PME. Nous ne voulions pas d'un fonds élitiste.




Julien THIBERT
Journaliste

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