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Analyse - La FRTP craint une année 2012 particulièrement noire

Publié le - - Collectivités

Analyse - La FRTP craint une année 2012 particulièrement noire
(© DR)

Pour la deuxième année, la banque Dexia (en démantèlement) publie une note sur les finances locales en Rhône-Alpes.

Cette étude porte sur 2010 et montre que les dépenses d’investissement ont reculé de 6 % (- 5 % en national). Pour 2011, l’investissement serait reparti en national avec une hausse de 2,9 %, selon Claude Gautier, directeur régional de Dexia, qui n’a pas de données rhônalpines à ce sujet. De son côté, la FRTP dispose de données concernant son secteur. Sur 2011, la commande des conseils généraux a été très variable : - 9,3 % pour l’Ain, + 1,3 % pour l’Ardèche, - 6,2 % pour la Drôme, - 8,4 % pour la Loire, - 6,1 % pour le Rhône, + 2,5 % pour la Savoie, + 0,5 % pour la Haute-Savoie, - 4,9 % pour l’Isère. Et sur le dernier trimestre 2011, toutes les collectivités, excepté le conseil régional, ont largement réduit la voilure de leurs investissements par rapport au dernier trimestre 2010.
Ces effets yoyos, ces disparités proviennent-elles de la santé financière des collectivités ? Pour Claude Gautier, la réponse est négative car leurs situations financières sont globalement bonnes. Les revenus des droits de mutation sont même en hausse (+ 37 % en Rhône-Alpes en 2010, + 15 % en national en 2011).

Des collectivités en bonne santé mais un système bancaire grippé

Il souligne tout de même que si la pression fiscale est historiquement plus modérée en Rhône- Alpes qu’ailleurs, la dette est aussi plus élevée (2 845 €/habitant contre 2 344 €/habitant en moyenne France). Ce qui n’aurait rien d’anormal au regard de la base fiscale régionale plutôt bonne et des dépenses de personnel un peu moins élevées qu’ailleurs. D’ailleurs, la capacité de désendettement des collectivités rhônalpines est identique à la moyenne française. Elle est de quatre ans. L’encours global de la dette et les frais financiers ont même diminué. Les capacités d’autofinancement se sont améliorées.
Une situation assez classique en milieu de mandat et qui précède en général une vague d’investissement et d’endettement. Mais la crise ne va-t-elle pas pousser les collectivités à restreindre leurs ambitions ? Pas sûr de toute façon qu’elles puissent contracter de nouveaux emprunts. Depuis l’année dernière, note Claude Gautier, il faut réunir plusieurs banques pour répondre entièrement à un appel d’offres de financement. Auparavant, le montant de l’appel était couvert plusieurs fois par les offres reçues ! La situation s’est totalement dégradée. Même les lignes de trésorerie sont diffi ciles à obtenir.

Sept milliards de financement en moins menacent 30 000 emplois

Chez Dexia, indique encore le banquier, on prêtait 7 à 10 milliards d’euros pour le financement du secteur public local. On est tombé avec les diffi cultés de la banque à 3,6 milliards en 2010. Sans trop de conséquence puisque les autres établissements ont pris le relais. En 2011, cela n’a pas été pareil ! « Nous n’avons prêté que 3 milliards et cette fois-ci, les autres banques n’ont pas pris le relais ». L’enveloppe d’urgence de 5 milliards décidée par le gouvernement et distribuée par la CDC a permis d’amortir un peu le choc mais elle sera bientôt consommée. D’autres pistes sont donc à trouver. Claude Gautier indique que l’émission d’obligations, comme l’a fait la Région Rhône-Alpes avec succès, n’est pas reproductible pour toutes les collectivités (nécessité de se faire noter, de se présenter aux marchés…). La création d’une nouvelle banque de fi nancement ? « Pas sûr qu’elle se fasse avant 2013 », répond le spécialiste qui se montre très inquiet pour 2012. Pour cette année, il manque tout simplement 7 milliards de financements. Ce qui menacerait 30 000 emplois dont 10 % dans la région.

Le président Moulin appelle à investir pour sauver les TP

Daniel Moulin, président de la FRTP précise que les entreprises ont déjà des diffi cultés de trésorerie liées à l’allongement des délais de paiement des clients et au raccourcissement de ceux exigés par les fournisseurs. Par ailleurs, si une embellie de l’activité a été constatée début 2011, les commandes publiques comme privées se sont effondrées sur la fin de l’année. Le travail temporaire sert donc de soupape de sécurité. Mais Daniel Moulin admet que des pertes d’emplois fixes ont déjà eu lieu. Il s’inquiète surtout pour l’avenir et pense aux jeunes en cours de formation. « Il y a quelques années, nous manquions de main d’oeuvre. Nous avons rempli les écoles et maintenant, les jeunes vont arriver sur un marché où il n’y a plus de travail. »
Pourtant, des chantiers, il pourrait y en avoir. Le renouvellement des enrobés par exemple (le taux de renouvellement a été divisé par deux entre 2008 et 2011). Dans l’adduction d’eau et l’assainissement aussi. Pascal Jutan, administrateur de la FRTP et dirigeant de la SADE explique attendre avec impatience un décret d’application du Grenelle incitant les collectivités à renouveler leur réseau. Un objectif de première importance puisque le rendement des réseaux d’eau potable est aujourd’hui en moyenne de 70 % (30 % pour certains !). Il existe un marché potentiel aussi sur les réseaux d’eau pluviale. Daniel Moulin conclut qu’il y a urgence. « Beaucoup d’entreprises sont dans le rouge depuis deux ans, il faut investir pour soutenir le secteur. Nous utilisons beaucoup de main d’oeuvre, il faut miser sur nous ! Faire jouer le travail temporaire ne peut fonctionner qu’un temps », prévient-il.

Alban Razia




GiB
Journaliste

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