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Alimentation : les innovations germent au sein de la foodtech

Le développement de modèles d’agriculture locaux et vertueux, pour offrir à tous une alimentation plus saine et durable, s’est accéléré depuis aux gré des crises sanitaires et géopolitique qui ont bouleversé les habitudes de consommation. Avec ses innovations, le monde de la Foodtech doit ainsi répondre à de nouveaux enjeux : responsabilité, accessibilité et plaisir. En Auvergne-Rhône-Alpes les innovations germent dans tous les sens.
Alimentation : les innovations germent au sein de la foodtech
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D’ici 2050 et la perspective d’une planète qui abritera 10 milliards de personnes, le monde de l’agriculture devra faire face à de nombreux enjeux, sur fond de préservation des ressources naturelles, de besoins alimentaires en croissance ou encore de changements climatiques.

A l’échelle locale par exemple, les besoins alimentaires sont immenses ne serait-ce qu’avec quatre grandes métropoles toujours en développement (Lyon, Saint-Etienne, Grenoble et Clermont-Ferrand) qui imposent une organisation de production et de distribution, à la dimension d’une telle cartographie territoriale. Pour répondre à ces enjeux, la recherche et l’innovation dans l’agriculture et l’alimentation sont ainsi nécessaires pour imaginer les nouveaux modes de consommations, qui avaient émergé avant la crise sanitaire mais qui se sont imposés avec les confinements multiples et une prise de conscience, sur le gaspillage alimentaire, la traçabilité des produits ou encore les commandes en ligne. C’est là qu’interviennent les experts de la Foodtech, cet écosystème qui s’active plus que jamais, à développer des outils innovants pour répondre aux nouveaux besoins.

Le site Wildcodeschool pose clairement le débat : "cesecteur en pleine expansion (la FoodTech représenterait un chiffre d’affaires de250 milliards d’euros en 2022, Ndlr)n’aura jamais été aussi sollicité et dynamique qu’en 2021. Les progrès de la tech ont donc permis de s’adapter aux restrictions sanitaires et aux fermetures des restaurants, cafés, et bars pour pouvoir se faire plaisir de chez soi, mais également de s’intéresser à une nourriture plus saine et une consommation alimentaire qui limite le gaspillage et qui contribue à la bonne santé de notre planète".

Selon une étude publiée en janvier 2021 par Auvergne-Rhône-Alpes Tourisme et intitulée « Que nous mijote la tendance foodtech », la préoccupation des consommateurs autour de l’alimentaire est majeure.

"Elle représenterait, avec les boissons, le 3ème type de recherches les plus fréquemment tapées sur Google après le sport et les voyages. Le Food est devenu un sujet quotidien pour les consommateurs et 69 % des Millennials prennent une photo ou une vidéo de leurs plats avant de manger".

On ne se surprend ainsi plus à photographier puis à partager sur les réseaux sociaux le plat que l’on déguste chez soi ou au restaurant

"Le manque de temps, le besoin d’accéder à tout, tout de suite, a créé des consommateurs hyper connectés, pressés, mais soucieux de leur alimentation. Aujourd’hui les consommateurs veulentdes produits qui respectent à la fois leur santé, la planète et les producteurs. La Foodtech développe des applications et des plateformes, des objets connectés… pour répondre aux besoins du consommateur de demain" résument par ailleurs les auteurs de cette étude.

L’innovation du champ à l’assiette

A Lyon, l’école d’ingénieur agronomes, l’Isara, implantée aussi à Avignon, développe des formations innovantes autour des enjeux mondiaux qui se dessinent.

"Notre ambition est de définir de nouveaux systèmes, capables de produire en quantité suffisante des aliments sains, tout en préservant les ressources naturelles et en permettant au monde agricole de vivre décemment des fruits de son travail" résume Pascal Désamais, directeur général de l’Isara.

En coulisse, des enjeux majeurs se font jour, autour de l’agroécologie ou comment produire différemment et de s’alimenter de manière durable, de la transition écologie ou de la transition technologique.

"Nos mondes agricoles évoluent. Sur 430 000 agriculteurs en France, 255 000 ont plus de 55 ans, il faut donc insuffler une nouvelle dynamique entrepreneuriale au sein de la filière. Il va falloir aussi adapter l’approvisionnement de l’alimentation dans des zones plus ou moins peuplées, certaines se densifiant et d’autre se vidant de leur population. Face à ces changements profonds d’ici 2050 où la planète abritera près de 10 milliards de personnes, nous devons être innovants dans la pédagogie et diversifier notre offre de formation" précise Pascal Désamais.

"Plus qu’une simple école" comme l’aime à le rappeler son équipe pédagogique, l’Isara veut être aussi un acteur engagé qui se questionne et qui agit. En développant l’esprit d’entreprendre, en accompagnant un projet, de son idée jusqu’à une solution sur le marché.

Par exemple, l’incubateur FoodShaker (lire P ?), créé en 2008, accompagne les porteurs de projets à un stade précoce, sur diverses problématiques : gaspillage, alimentation durable, livraisons, circuit-court…. Objectif, favoriser l’innovation en faisant émerger des start-up dans les diverses filières. Depuis sa création, l’incubateur a accompagné 62 projets qui ont faire naître 40 entreprises, pour un chiffre d’affaires de 16 M€, et 250 emplois.

Le Zesteur qui accompagne des projets à des niveaux plus avancés pour accélérer l’innovation et Foodara, structure de financement d’entrepreneurs innovants de la transition agricole et alimentaire, sont les autres entités de l’Isara qui promeuvent l’entrepreneuriat.

Vers une alimentation responsable

Dans cette quête du "bien manger", d’éthique et d’alimentation durable, la lutte contre le gaspillage incarne de très près la raison d’être de la Foodtech. C’est sur ce credo-ci que la start-up Atypique, incubée au sein de l’Isara, et créée il y a un an, a fondé son modèle économique. La plateforme BtoB (92 000 euros de CA le son premier exercice 2021-2022 et une projection à 1 M€ sur le prochain exercice) commercialise les fruits et légumes déclassés, c’est-à-dire ceux qui sont boudés par la grande distribution car ne répondant pas au cahier des charges de leurs propres calibrages.

"Les pommes en grandes surfaces pèsent entre 130 et 170 grammes. En dessous, elles sont invendables. Il faut savoir aussi que 46 % des salades cultivées ne sont pas commercialisée car il y a surproduction. Pour éviter cette perte massive nous les rachetons aux producteurs puis nous les revendons à des réseaux de restaurants, de cantine collectives ou d’entreprises, ou à des traiteurs" explique Thibault Kibler associé de Simon Charmette, tous les deux à la tête d’Atypique, qui travaille déjà localement avec la métropole de Lyon, Pignol ou encore C-Gastronomie.

L’entreprise lyonnaise, se structure actuellement au niveau marketing et commercial pour encore mieux se faire connaître et atteindre une taille suffisamment importante pour avoir un écho auprès des grands producteurs.

"Notre business est basé sur le volume. Les plus petits grossistes de la place de Lyon tournent autour de 10 M€ de chiffre d’affaires par exemple. Pour que nous soyons plus visibles, il faudrait pouvoir récupérer au moins 1 % des 1,3 million de tonnes de fruits et légumes gaspillés en France chaque année soit 100 000 tonnes" complète T. Kibler.

De son côté, la Lyonnais Hari&Co crée 2014 par Benoît Plisson et Emmanuel Brehier, a lancé son business en 2017, basé sur la fabrication de boulettes et galettes bio, pour offrir une alternative en protéines végétales aux consommateurs. L’entreprise a levé 2 millions d’euros en 2018 et poursuit actuellement sa croissance.

La foodtech en 6 chiffres clés

Les applications mobiles et autres avancées technologiques permettent à tous les maillons de la chaine alimentaire, de l’agriculteur au consommateur final en passant par les distributeurs, de casser un mode d’alimentation dépassé. Voici comment la foodtech est définie par Auvergne-Rhône-Alpes Tourisme

© : Auvergne-Rhône-Alpes Tourisme/Digimind

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