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Actualités - Rhône-Alpes Cinéma : « touche pas au grisbi... »

Deux-cent-vingt films co-produits depuis 1990, des retours d’images importants (tous les films sont tournés en Rhône-Alpes), des retombées sonnantes et trébuchantes.

ActualitéSociété Publié le ,

En 2012, Rhône-Alpes Cinéma affiche 9 M€ de retombées financières, pour 2,7 M€ investis. Exemple : « Belle et Sébastien » (budget 10 M€, 400 000 € investis par le fonds régional), tourné en Rhône-Alpes, a ainsi généré 2,6 M€ de dépenses au niveau local (hébergements, dépenses courantes, prestations diverses). Ce fonds régional a été initié en 1990 par Roger Planchon. C’est ce système d’aide régionale directe à un organisme coproduisant des films qui est attaqué. Et condamné le 7 mai dernier par le tribunal administratif de Lyon. Une décision motivée par l’absence de validation par la Commission européenne du système d’aides présenté par Centre national du cinéma (CNC). Ce dernier étudie actuellement une parade juridique avec Rhône-Alpes Cinéma. Etienne Tête, l’élu « EELV » à l’origine de cette action en justice contre la Région, est un coutumier du fait en matière de procédures, au niveau lyonnais (où il fut élu municipal au côté de Gérard Collomb) et au niveau de Rhône-Alpes, où il siège comme conseiller régional écologiste. La structure d’aide au cinéma, dirigée par Grégory Faes, compte six personnes et fonctionne avec 3 M€, dont 2 apportés par la Région et 1 par l’Etat par le truchement du CNC. Rhône-Alpes Cinéma soutient tous types de films pour peu qu’ils soient tournés dans la région. Pour le président de la Région Rhône- Alpes, Jean-Jack Queyranne, « cette décision de justice menace la pérennité de Rhône-Alpes Cinéma dans son statut de coproducteur. Plus généralement, elle met en péril tout le système d’aides des Régions au cinéma français. » Le 20 mai a été projeté, en sélection officielle du Festival de Cannes, « Geronimo », le dernier opus de Tony Gatlif. Et le 18 mai, dans la section « Un certain regard », « Force majeure », du Suédois Ruben Östlund. Ces deux films ont été coproduits par Rhône-Alpes Cinéma, qui a investi en 2013 dans 13 films, pour un montant total de 3,4 M€. Pour les élus PS qui se défendent après ce coup dur, la solution « juridique » de l’Etablissement public de coopération culturelle (EPCC) n’est pas idéale. « Au regard de ce qui est pratiqué dans d’autres régions, indiquent les élus PS de la Région, la création d’une structure publique (de type EPCC) constituerait l’exception : la plupart des régions financent le cinéma en gestion directe ou via des subventions à des associations ». De son côté, le groupe des élus Front de gauche et communistes se désolidarise des écologistes. La droite est silencieuse. Affaire à suivre.

E.S.

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