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Actualités - De retour d'Irak, des responsables humanitaires témoignent

Depuis fin août, quatre ONG rhônalpines, soutenues par la Région, sont mobilisées au Kurdistan irakien pour apporter de l’aide aux populations déplacées. « La mort est une urgence.

ActualitéSociété Publié le ,

Depuis fin août, quatre ONG rhônalpines, soutenues par la Région, sont mobilisées au Kurdistan irakien pour apporter de l’aide aux populations déplacées.


« La mort est une urgence. Il faut trouver des solutions pour loger 1,8 million de personnes déplacées avant que l’hiver n’arrive. Que vont devenir ces populations qui ont fui les violences en Irak et se réfugient dans des écoles ou des bâtiments publics ? » Serge Gruel, chargé de partenariats au sein de l’ONG Triangle génération humanitaire, et Manuel Jagourd, responsable interventions d’urgence à l’organisme Medair, dressent tous les deux le même constat à leur retour d’Erbil. La situation est complexe et de grandes incertitudes demeurent face à ce problème de logement de populations très mobiles qui vivent au jour le jour avec, pour la grande majorité, l’espoir de pouvoir retourner chez elles. Les organisations déployées sur place leur fournissent une aide de première urgence. « Medair a apporté 10 000 matelas et couvertures et du matériel pour se protéger contre les rigueurs de l’hiver qui approche ainsi que de la nourriture, de l’approvisionnement en eau et des latrines. La population est choquée et totalement démunie », explique Manuel Jagourd. Le risque d’épidémie, notamment de choléra, est omniprésent et les ONG tentent par tous les moyens de renforcer les conditions d’hygiène.
Triangle GH a distribué 80 000 litres d’eau par jour aux douze centres d’hébergement collectif qui accueillent 960 familles, soit plus de 4 500 personnes. Serge Gruel évoque le problème d’approvisionnement en eau : « Il fallait limiter le risque sanitaire et améliorer l’assainissement, ce que nous avons réalisé très vite par des petits travaux. Les infrastructures ne sont pas adaptées, les conditions de logement sont précaires et inquiétantes. » Au-delà de l’urgence physique, le soutien psychologique est également vital. « Ces gens ont tout perdu. Il faut comprendre à quel point ils sont traumatisés et essayer de savoir ce qu’ils veulent faire. Ils ne souhaitent pas rester au Kurdistan. Nous mettons en place des unités mobiles de soutien social. Nous devons évaluer leurs besoins à court terme, trouver des solutions souples et attendre. »
Sans doute par habitude, Manuel Jagourd et Serge Gruel s’avouent tous deux « tristes une fois de plus mais pas surpris » de la situation rencontrée dans les régions d’Erbil et de Dohuk. S’il le faut, ils sont prêts à repartir pour accompagner le retour des migrants.

A.G.-P.


Un fonds d’urgence

Pour faire écho à l’élan de générosité manifesté par les Rhônalpins après le tsunami qui a touché les régions d’Asie du Sud en 2004, la Région Rhône- Alpes a mis en place un fonds d’aide d’urgence, destiné à accompagner financièrement les associations de solidarité internationale, spécialisées dans l’urgence, dans leurs missions auprès des victimes de catastrophes naturelles ou de conflits. La collectivité territoriale soutient quatre organisations : Triangle GH, Medair, la fondation Mérieux et la délégation régionale de la Croix-Rouge française dans leurs interventions au Kurdistan irakien, à hauteur de 90 000 €, montant qui sera voté le 2 octobre lors de la prochaine commission permanente.

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