AccueilSociétéAbraham Patras (1671-1737), le pacificateur des Indes Orientales

Abraham Patras (1671-1737), le pacificateur des Indes Orientales

La famille de Patras, originaire du Gapençais, d’abord protestante et depuis convertie, a joui d’une grande réputation, et plusieurs de ses membres ont occupé, en Hollande, les premières charges et les plus hautes dignités, tant dans le civil que dans l’état militaire.

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L’un de ses plus illustres membres, Abraham, dont le nom est presque ignoré de nos jours, est obligé de quitter le Dauphiné après la révocation de l’édit de Nantes. Il passe quelques temps à Genève pour y poursuivre ses études puis, de là, traverse la Suisse et l’Allemagne pour se rendre en Hollande, où il s’engage en tant que cadet. Freiné dans son avancement, ce jeune homme à l’esprit vif et aux grandes ambitions prend alors la décision de se rendre aux Indes, en tant que soldat volontaire. Il s’embarque donc à Enckhuysen vers la fin de 1689, sur le vaisseau Hobrée. Le 28 mai de l’année suivante, il atteint le Cap de Bonne-Espérance, puis arrive au but de son voyage : Batavia.

Un parcours sans faute

Une fois sur place, l’homme ne ménage pas sa peine : employé comme assistant sur l’île d’Amboine (actuelle Indonésie), il gravit progressivement les échelons pour devenir secrétaire des petites affaires et mariages, puis premier clerc de police, en 1698. C’est sur cette île qu’il rencontre sa jeune épouse, qui devait lui donner un enfant en 1700. Malheureusement, mère et fille décèdent tour à tour, encourageant Abraham Patras à quitter Amboine, désormais lourde de douloureux souvenirs... L’homme se rend alors à Ternate, où il est nommé secrétaire de police du gouvernement des Moluques. Une mission qui l’envoie dans les moindres recoins de l’Indonésie et de la Malaisie, et même sur l’île de Batchian, où il est reçu chez le roi Katsieli Mouson-Malskidim. A son retour, on le fait secrétaire du consul de justice... puis on l’envoie à Batavia, où il arrive à la fin de l’été 1706. Le gouvernement des Indes le nomme alors chef et résident de Jambie sur les côtes orientales de Sumatra. Là-bas, il parvient à rétablir la paix après vingt années de guerre, due à la mésentente de deux frères ennemis. Il fait alors rebâtir le fort précédemment détruit et remet le commerce de la Compagnie des Indes sur pied.
Pour lui témoigner sa satisfaction, le gouvernement lui donne alors le titre de « marchand ». Mais gare, car la jalousie attise bien des convoitises ! Quelques mois seulement après son nouveau titre, les insulaires trament un complot contre Abraham Patras : le 9 décembre 1709, quatre soldats de sa garde sont tués, tandis qu’il reçoit un coup de poignard dans les côtes. Cet incident pousse le Grenoblois à démissionner de son poste de chef de Jambie, et à se rendre à Palembang où, là encore, ses qualités de commerçant et chef de troupes font merveilles. « Il avait une habileté toute particulière pour traiter avec les habitants du pays et en tirait tout le profit possible pour la Compagnie des Indes », raconte Edmond Maignien dans le livre qu’il lui consacre en 1892. (2) .../...


(1) Histoire Générale des Voyages, tome XVII, livre VII Vie des Gouverneurs – Collectif – Chez Pierre Dehondt

(2) Abraham Patras, Gouverneur général des Indes Néerlandaises et sa famille, notes biographiques et généalogiques – Edmond Maignien – Imprimerie Joseph Barratier – 1892


Lire la suite dans le Tout Lyon Affiches n° 5107 du samedi 28 juin 2014

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