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Abdel Rahman El Bacha, le clavier sincère

Artiste pudique, méfiant face aux projecteurs du star system, cultivant volontiers le secret, il préfère l’intimité des studios d’enregistrement à l’exposition dans les salles de concert.

ActualitéSociété Publié le ,

En témoignent ses enregistrements qui décrochent régulièrement des moissons de médailles décernées par les académies les plus réputées. Cette réserve, qui peut apparaître comme un handicap, se transforme en atout lorsqu’il s’agit d’aborder des partitions au romantisme exacerbé que des claviers plus fougueux, voire artificiels, surligneraient à l’envi. Surtout dans les oeuvres de Chopin, un compositeur qui fait partie de son intimité et dont il a gravé l’intégrale en 12 CD. Intégrale qu’il a interprétée, en concert, en cinq jours et de mémoire. Personne avant lui, ni après d’ailleurs n’a osé cette performance. Né à Beyrouth en 1958, Abdel Rahman el Bacha a découvert la musique avec sa mère, chanteuse dans la tradition orientale, et son père, compositeur de musique arabe influencée par le répertoire occidental. Il commence ses études de piano à l’âge de neuf ans, avec la pianiste arménienne Zvart Sarkissian, elle-même élève de Marguerite Long et Jacques Février. D’entrée de jeu, il plonge dans le métissage et les influences musicales qui lui permettront de déployer un son original. Au conservatoire de Paris, qu’il intègre en 1974, il travaille avec Pierre Sancan. Quatre premiers prix en poche, il entame une carrière qui conduira ce nouveau Parisien, naturalisé en 1981, à travers le monde et dans les festivals les plus prestigieux, particulièrement à La Roque d’Anthéron, où il est régulièrement invité.
Entre-temps, il remporte le très redouté et envié Concours Reine Elisabeth de Belgique à l’unanimité, décrochant au passage le Prix du public. Il a 19 ans. Les grands orchestres déroulent le tapis rouge pour s’attacher ce musicien récompensé en 1983 par un Prix de l’Académie Charles Cros pour son enregistrement des premières oeuvres de Prokofiev, compositeur dont il a gravé l’intégrale des concertos. Il multiplie les éditions, avec les concertos de Bach, Ravel, Schumann, Schubert et Rachmaninov, creusant le sillon romantique avec pudeur et poétique. .../...


Lire la suite dans le Tout Lyon Affiches n° 5089 du samedi 22 février 2014

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