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À la Mouche, une version féministe des Souliers rouges d'Andersen

le - - Spectacle vivant

À la Mouche, une version féministe des Souliers rouges d'Andersen
eXtraTime - Les souliers rouges, mise en en scène de Félicie Artaud

Décidément, le petit théâtre La Mouche de Saint-Genis-Laval se révèle plein de surprises. Après l'invitation à la compagnie belge TG Stan, la seule de toute la région, voici qu'il programme une délicieuse version d'un conte d'Andersen, Souliers rouges.

Le conte d'Andersen est tellement affreux et révoltant qu'il est quasiment tombé dans l'oubli. C'est l'histoire d'une jeune orpheline, qui, pour avoir avoir eu l'outrecuidance de porter des souliers rouges à l'église, est prise d'une irrépressible envie de danser qui l'obligera à demander au bourreau de lui trancher les pieds pour mettre fin à son supplice.

Elle devra ensuite mendier jusqu'à la fin de ses jours pour expier. Tout un programme que n'a pas supporté l'auteure et comédienne Aurélie Namur qui a décidé de réécrire le conte à sa façon. En se concentrant sur trois personnages principaux, la marâtre, la petite fille et le démiurge, malicieusement baptisé Tristan Dersen, l'auteure, qui a bénéficié d'une résidence d'écriture à la Chartreuse de Villeneuve-les-Avignon et une bourse du Centre national du livre, livre sa propre morale tout en gardant le motif principal, la danse maléfique.

L'occasion pour la metteure en scène Félicie Artaud de mêler danse et théâtre, jeux d'ombres et de lumières, lors d'une scène mémorable de danse endiablée à dimension presque cathartique. Le conte reste cruel mais ce sont les cyniques (plutôt que le péché) qui sont punis puisque la petite fille réussit à déjouer le maléfice et que triomphent ainsi l'humour et les forces de vie sur la fatalité et le malheur.

Menée par des interprètes impeccables, la pièce alterne gravité et humour, déjouant l'horreur de la situation, et pose la question l'air de rien des relations de parentalité et de filiation. Elle tend un miroir aux adultes autant qu'aux plus jeunes, poursuivant la réflexion au delà de la salle et rappelant combien il est difficile aussi d'être parent et de laisser grandir ses enfants tels qu'ils sont et non tels qu'on voudrait qu'ils soient !

Théâtre la Mouche, 8 mars, www.la-mouche.fr




Gallia VALETTE-PILENKO
Journaliste

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