Fermer la publicité
Journal d'annonces légales et d'informations économiques pour le département du Rhône

Kalray prépare son introduction en bourse

le - - Entreprise de la semaine

Kalray prépare son introduction en bourse
Pierre Jayet - Eric Baissus est président du directoire de Kalray depuis 2014.

La start-up grenobloise a mis au point un nouveau type de processeur, cumulant puissance de calcul et capacité décisionnelle, destiné aux marchés des voitures autonomes et des datacenters. Pour avoir les moyens de son développement et renforcer sa crédibilité, Kalray vient d'annoncer son projet d'introduction en bourse.

Plus de 10 ans après sa création, Kalray prépare la commercialisation à grande échelle de son processeur intelligent et son introduction en bourse sur le marché d'Euronext Growth à Paris. Née en 2008 par essaimage du CEA, la start-up basée à Montbonnot-Saint-Martin, à côté de Grenoble, a d'abord travaillé au développement d'une technologie nouvelle avant de se consacrer depuis environ 3 ans à identifier ses marchés et à construire une offre pertinente. « Nous sommes positionnés sur une technologie de rupture. Nos processeurs sont des systèmes intelligents, très différents des puces utilisées dans les ordinateurs ou les téléphones. Notre offre comprend des processeurs ainsi que des solutions complètes avec cartes et logiciels », explique Eric Baissus. Cette nouvelle génération de processeurs, protégée par une vingtaine de brevets, se compose de 288 cœurs de traitement parallèle et fonctionne à basse fréquence, donc en consommant peu d'énergie.

Avec une puissance de calcul décuplée pour traiter d'importants flux de données, mais surtout une capacité à prendre des décisions et à interagir avec l'environnement, ces systèmes intelligents s'adressent à de nouveaux marchés. « Nous ciblons à moyen-long terme le marché des voitures autonomes et à court terme le marché des datacenters », précise le président du directoire de Kalray qui souligne que « plus de 60 M€ ont été investis en R&D depuis la création ». Alors que la phase de production à gros volume est annoncée pour début 2019, l'entreprise vient de faire entrer à son capital deux acteurs clés : Alliance Ventures (4 M€), le fonds de capital-risque de l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, et Definvest (2 M€), le fonds géré par Bpifrance pour le compte du ministère des Armées.

Cette opération d'un montant total de 10 M€, incluant les actionnaires existants et les nouveaux investisseurs, constitue la deuxième tranche d'une levée de 23,6 M€ initiée en juin 2017 auprès de Safran Corporate Ventures, le fonds d'investissement asiatique Pengpai, et des actionnaires historiques ACE Management, CEA Investissement, EUREKAP! et Inocap Gestion. Eric Baissus estime que « la participation de Bpifrance et du ministère des Armées, à travers le fonds Definvest, est une très forte validation de l'avance technologique et de l'enjeu stratégique de nos solutions ». L'intérêt de l'armée se justifie par les futures applications possibles. Les processeurs de Kalray pourraient être embarqués dans les systèmes de guidage, de traitement des images, de calcul de trajectoire des missiles et des drones. L'arrivée d'Alliance Ventures renforce, quant à elle, le partenariat avec le constructeur automobile français. « Nos processeurs équipent déjà le concept-car électrique Symbioz® de Renault », fait savoir le président. L'enjeu est là aussi majeur pour proposer une alternative européenne aux puces américaines produites par Nvidia, Intel Mobileye ou Qualcomm.

Eric Baissus, président du directoire de Kalray.

« Transformer une pépite technologique en leader mondial »

A quoi vont servir les 10 M€ récemment levés et l'introduction en bourse ?

Ces 10 M€ vont nous permettre de continuer à investir dans notre technologie pour lancer en 2019 la 3e génération de notre processeur. Nous allons aussi faire grossir l'équipe qui compte aujourd'hui une soixantaine de collaborateurs. Nos recrutements porteront sur des profils R&D et commerciaux. Nous avons un modèle de business fabless et nous sous-traitons la fabrication de nos produits au Taiwanais TSMC. Le projet d'introduction en bourse va doter la société des moyens nécessaires à son développement et contribuera à renforcer sa crédibilité vis-à-vis de ses clients sur sa capacité de les approvisionner en grands volumes.

Quelles sont vos ambitions ?

Dès 2020, nous voulons afficher un résultat d'exploitation à l'équilibre. Les deux marchés ciblés, les fermes de données et les voitures autonomes, représentent chacun un potentiel de plus d'un milliard d'euros de chiffre d'affaires. Nous voulons prendre 10 % de part de marché car je veux transformer une pépite technologique française en un leader mondial de son business. Pour couvrir ce marché international nous avons d'ailleurs un bureau aux Etats-Unis, plus précisément en Californie, et un bureau à Tokyo au Japon.

Racontez-nous votre parcours ?

Je suis diplômé de l'Ecole Polytechnique et de l'Ecole Nationale Supérieure des Télécommunications. J'ai travaillé 8 ans chez Texas Instruments avant de créer en 2002 ma société Open-Plug, spécialisée dans les logiciels pour mobiles, rachetée en 2010 par Alcatel-Lucent. J'ai exercé des fonctions en R&D et innovation chez Alcatel-Lucent puis j'ai rejoint en 2014 Kalray au poste de président.




Severine RENARD
Journaliste

Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

Le Tout Lyon Journal d'annonces légales et d'informations économiques pour le département du Rhône

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide


Fermer
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et de technologies similaires par notre société ainsi que par des tiers, afin de réaliser des statistiques d'audiences et de vous proposer des services éditoriaux et la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux. En savoir plus / paramétrer