AccueilCollectivitésAnne-Lucie Wack : "60 % des grandes écoles recrutent en dehors des classes prépa "

Anne-Lucie Wack : "60 % des grandes écoles recrutent en dehors des classes prépa "

De passage à l'Inseec Lyon la semaine dernière, la présidente de la Conférence des grandes écoles (CGE) a présenté ses propositions à destination des candidats à l'élection présidentielle en matière d'enseignement supérieur et de recherche.
Anne-Lucie Wack :
Photo DR - Anne-Lucie Wack, présidente de la Conférence des grandes écoles

Collectivités Publié le ,

La Conférence des grandes écoles (CGE) profite des élections présidentielles pour faire une série de 24 propositions "pour faire réussir la jeunesse". Pourquoi estimez-vous qu'il y a urgence à agir ?

Anne-Lucie Wack : Nous sommes à un tournant stratégique de l'enseignement supérieur. Nous allons devoir faire face à un afflux d'étudiants dans les prochaines années. Mais nous savons faire ! Les grandes écoles d'ingénieurs, de management, mais aussi d'art, de design, de santé ou de sciences politiques ont été confrontées à une augmentation massive de leurs effectifs étudiants (+ 110 000 entre 2007 et 2014). Nous avons réussi l'intégration tout en maintenant un taux d'insertion professionnelle élevé. Notre expérience, en particulier en matière d'accompagnement, peut-être intéressante face à l'afflux des étudiants.

Quelles sont vos idées phares ?

A.L.W : Nous proposons avant tout une meilleure articulation entre les grandes écoles (222 sont membres de la CGE mais il y en a d'autres) et les universités dans l'objectif de faire réussir les jeunes. Ce clivage entre nous est dépassé : il n'est plus question de choisir entre l'un ou l'autre mais bien d'être ensemble. Les grandes écoles sont la force de notre dispositif à la française : c'est de là que viennent toutes les initiatives en matière d'insertion professionnelle, d'investissement dans la recherche alors que les universités sont handicapées par un certain nombre de pré-requis. Elles n'ont pas la liberté des grandes écoles. Ensemble, nous pouvons assouplir l'ensemble du système. Le mouvement est déjà amorcé, mais il faut de lever les freins culturels pour avancer.

Vous pointez également du doigt un système d'information et d'orientation illisible…

A.L.W. : On ne mesure pas assez le gouffre qu'il existe entre la réalité du terrain et ce qu'on imagine du système. On n'y comprend plus rien : il faut le rendre plus lisible. Certes le numérique est une bonne façon de guider les jeunes, mais rien ne remplace l'accompagnement pour choisir un parcours en lien avec ses aspirations et ses attentes. Il y a encore près de 35 % de jeunes en échec dans l'enseignement supérieur, essentiellement dû à une mauvaise orientation. Et l'échec coûte cher : France Stratégie, dans son rapport 2017-2027, estime le coût collectif des accidents de parcours à plus de 500 millions d'euros par an. Au regard de cette somme, les grandes écoles restent accessibles puisqu'elles accompagnent vers la réussite. Il nous faut casser les images pré-conçues autour des grandes écoles : 60 % d'entre elles recrutent désormais en dehors de la classe prépa. C'est un fort mouvement pour diversifier les profils. Nous sommes un système classant et non pas excluant.

Partager :
Abonnez-vous
  • Abonnement intégral papier + numérique

  • Nos suppléments et numéros spéciaux

  • Accès illimité à nos services

S'abonner
Journal du 28 mai 2022

Journal du28 mai 2022

Journal du 21 mai 2022

Journal du21 mai 2022

Journal du 14 mai 2022

Journal du14 mai 2022

Journal du 07 mai 2022

Journal du07 mai 2022

S'abonner
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?