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20 printemps pour Le Printemps de Pérouges

20 printemps pour Le Printemps de Pérouges
© DR - Les grands mécènes du Printemps de Pérouges entourent sa fondatrice, Marie Rigaud

CultureSpectacle vivant Publié le ,

« Johnny, ça fait longtemps que j'en rêvais ! Je harcèle sa production depuis plusieurs années. » Marie Rigaud laisse exploser son enthousiasme. Pour les 20 ans du Printemps de Pérouges, elle espérait une vraie tête d’affiche. Elle se retrouve avec une icône nationale. Le 5 juillet, au Polo Club de la Plaine de l’Ain, le roi de la variété française conclura en apothéose l’édition anniversaire d’un festival qui assume son éclectisme avec toujours autant de ferveur. « Bien sûr, il a fallu faire des concessions. Cette année, le budget du festival grimpe à 1,5 M€ avec Hallyday, contre 1 M€ en moyenne pour les autres éditions. Avant d'accepter, j'ai fait un tour de table pour être sûre d’être suivie par mon club de supporters rockeurs. L’enjeu était gros, mais il valait la peine. »

« Supporters rockeurs », c’est le joli nom dont elle affuble ses partenaires financiers. Des sponsors fidèles et toujours plus nombreux, attirés par l’originalité du festival et la forte personnalité de son organisatrice. Blonde pétillante et charismatique, il faut dire que cette ancienne chroniqueuse de Radio Classique a de l’énergie à revendre… Et trouve toujours les moyens de parvenir à ses fins. « Une fois que l'on a mis le doigt dans l'engrenage « Marie Rigaud », difficile de s'en dépêtrer ! », confirme avec humour Charles de la Verpillière, président du Parc industriel de la Plaine de l’Ain et député du département. Il se rappelle il y a vingt ans, lorsque la jeune femme frappait à sa porte et parvenait à le convaincre d’investir dans son projet naissant. Aujourd’hui, le parc est l’un des mécènes les plus généreux du festival. « Nous regroupons à ce jour 150 entreprises génératrices de 6 000 emplois. Pour le faire monter en gamme, il faut entretenir notre image et je pense qu’une telle manifestation peut y contribuer. Sans compter qu’il s’agit aussi d’apporter de la culture aux habitants du territoire. »

L’originalité paie

Nous sommes en 1996. Lors d’une promenade dominicale à Pérouges, Marie Rigaud tombe sous le charme de l'Église-forteresse, de son architecture et de son acoustique. Constatant qu’aucun événement ne valorisait cette cité médiévale, cette passionnée de chant lyrique crée alors l’Association 1901 pour produire une série de concerts au cœur de l’édifice religieux. Une première édition voit le jour, couronnée d’un franc succès. Elle est bientôt suivie d’une deuxième, puis d’une troisième… Aux côtés de ses deux sœurs, co-organisatrices du projet, Marie Rigaud ressent ensuite le besoin d’aller plus loin. De sortir du cadre de l’église et d’amener les émotions au-delà des frontières de Pérouges.

Aux côtés d’une équipe pérenne de bénévoles - la plupart sont impliqués depuis plus de dix ans - les partenaires privés affluent progressivement. « Bien que nous sponsorisions la plupart des manifestations culturelles lyonnaises, nous avons eu un vrai coup de cœur pour le « Printemps » et pour l'idée de produire un spectacle décalé », explique le directeur de la communication de la Banque Rhône Alpes, Eric Vernusse. Partenaire décennal de la manifestation, la banque fait partie des plus fidèles compagnons de l’événement, au même titre que Sword, pourtant peu impliqué dans le mécénat comme le reconnaît de Jacques Mottard, son pdg : « Nous soutenons le foot… et Pérouges. Pourquoi ce choix ? Pour la qualité de son organisatrice et dans un cadre de solidarité locale ».

Un outil de valorisation du territoire

Bétonnières pop art Guy Noël, site industriel de Gefco, tréfilerie de Meximieux, centrale nucléaire du Bugey... Au fil des ans, le festival casse les codes : non content de donner de la voix dans les églises ou les salles spécialisées, il investit usines, entreprises et locaux industriels, qui ouvrent pour l’occasion leurs portes au public. « Cette diversité, c’est bien l’ADN du festival, précise la fondatrice. Notre idée première, était de valoriser le territoire. Et ça marche, puisqu’aujourd’hui l’événement a des satellites qui vont jusqu’à Lyon. Tellement de sites me font rêver aujourd’hui : refaire un concert à la centrale du Bugey, investir les locaux d’Harris, de Barilla... L’avantage, c’est que la marge de progression est énorme. Et ce qui est intéressant, c'est quand les entreprises viennent à nous. »

Tel est le cas du groupe cimentier Vicat. En 2015, il rejoignait la team des partenaires, motivé par l’ambiance originale qui règne au coeur de cet événement pas tout à fait comme les autres. Le chargé de production, Patrick Escoffier, explique ses motivations : « Nous possédons une dizaine de carrières entre Lyon et Bourg-en-Bresse, dont celle de Pérouges. Depuis toujours, nous cherchons à défendre la production locale. Au départ, nous n’avions qu’une vision industrielle de la chose, puis il nous a semblé intéressant de tisser des liens privilégiés avec l'ensemble des acteurs du territoire. D'ouvrir nos sites et d'accueillir du public. » L’année dernière, la représentation d’un opéra dans la carrière a surpris avant d’enchanter quelque 200 spectateurs. En 2016, Vicat rempile pour deux dates avec la reprise de ce spectacle et la représentation de Didier Gustin. « Le Printemps de Pérouges, c'est un phare de ce que l'on essaie de promouvoir sur le territoire, poursuit Patrick Escoffier. Amener des gens différents sur un site industriel, ce sont des déclencheurs d'idées. Il y a certainement des choses à mutualiser, auxquelles on ne pense pas encore. Il faut, bien sûr, réfléchir, mais il faut aussi expérimenter. »

Une organisation « cousue main »

Chez Spurgin Léonhart, on a aussi rapidement pris conscience de l’utilité de ce festival comme d’un moyen de mieux communiquer. Partenaire de la manifestation depuis 2012, l’industriel du béton souhaitait faire évoluer son image, comme l’explique son directeur Laurent Pillette : « Il faut être honnête : parfois, on a du mal à faire venir nos salariés dans la Plaine de l'Ain ; ces derniers préfèrent généralement Lyon. Ce genre d’événement nous permet de montrer un dynamisme motivant pour nos recrues. C’est donc encourageant d’un point de vue interne, mais aussi externe. Car, si la moitié du public est généralement constituée de salariés de l’entreprise, d’autres personnes se rendent chez nous, poussées par la curiosité du spectacle. En assistant au concert, elles peuvent aussi visiter notre entreprise et découvrir notre activité. Montrer Spurgin de cette manière nous permet de faire parler de nous et d'attirer la foule. » Des propos repris par Alain Milliat, directeur général de Tout Lyon Affiches : « Rapidement, nous nous sommes aperçus qu’amener nos clients dans l'Ain pouvait nous démarquer, donner une image différente de ce que l'on pouvait faire. Surtout, nous nous sommes aperçus que cela plaisait. L’accueil y est plus simple… On ressort de ce festival avec un état d'esprit différent. »

Les professionnels sont unanimes : l'idée, c'est de continuer sur cette lancée. « On n'a jamais de mauvaise surprise avec le Printemps de Pérouges, c'est du cousu-main », plaisante Eric Vernusse. Reconnu pour représenter une pluralité de disciplines artistiques, le festival fêtera à nouveau la culture sous toutes ses formes au travers d’une sélection pointue d’artistes de tous bords. Pour cette édition spéciale, Marie Rigaud a souhaité « reprendre les balises du festival depuis son origine » : têtes d'affiche confirmées et jeunes talents réinvestiront à nouveau l’Église-forteresse ou la ferme de Rapan. 20 ans, 20 dates. Du 31 mars au 9 juillet prochain, la joyeuse fête du bassin de la plaine de l'Ain promet toujours plus de diversité, de qualité et de chaleur.

Le Printemps de Pérouges vous donne rendez-vous :

Au centre international de Saint-Vulbas (01) :
30 mars à 21h : Hubert-Félix Thiéfaine
31 mars à 21h : Jean-Marie Bigard
1er avril à 21h : Christophe Willem
02 avril à 21h : Vianney et Boulevard des Airs

À l’Amphithéâtre de Lyon :
21 mars à 21h : ZAZ
25 avril à 21h : Yuri Buenaventura
26 avril à 21h : Chico & The Gypsies
06 juin à 20h : Bel Canto au Caro

Au Radiant (Caluire) :
1er avril à 20h30 : Mountain Men

À la Ferme de Rapan (01) :
02 juin à 21h : Steve’N’Seagulls
03 juin à 21h : Greg Zlap
04 juin à 21h : Les Innocents

À l’Église-forteresse de Pérouges (01) :
23 juin à 21h : Les Quatre Saisons de Vivaldi par l’Orchestre d’Auvergne
24 juin à 21h : Camille & Julie Berthollet

Au site industriel de Vicat :
15 juin à 21h : Didier Gustin
16 juin à 21h : Viva l’Opéra !

Au château de Chazey (01) :
09 juin à 21h : Craig Adams
10 juin à 21h : L.E.J.
11 juin à 21h : Diane Tell

Au Polo Club de Saint-Vulbas (01) :
05 juillet à 22h : Johnny Hallyday

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