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« Picasso. Tableaux magiques », à Paris

Publié le - - Exposition

« Picasso. Tableaux magiques », à Paris

Encore une exposition consacrée à Picasso direz-vous ! Mais celle-ci est particulière puisqu'elle ne couvre que la courte période des années 1926-1930 pendant lesquelles Picasso a réalisé un ensemble de plus de 150 peintures étranges et importantes, qualifiées par le grand critique d'art de l'époque Christian Zervos de « Tableaux magiques ».

Le Musée national Picasso présente une grande partie de ces œuvres dont la plupart sont des têtes, des portraits inspirés de l'art extra-occidental. Picasso les replace dans le contexte surréaliste et les courants psychanalytiques de l'époque bien qu'il se soit toujours défendu d'avoir adhéré à ces mouvements. Ces tableaux sont aujourd'hui dispersés dans le monde entier aussi voir la plupart d'entre eux dans cette exposition est exceptionnel !

Faire l'historique de la création de ces tableaux serait un peu fastidieux mais il faut noter que les premiers tableaux peints à Juan-les Pins pendant l'été 1926, des expérimentations plastiques de formes, ont été volés lors du trajet de retour en voiture de l'artiste à Paris ! Seules sept têtes nous sont parvenues. Pendant l'année 1927 le peintre réalise principalement des têtes, des femmes assises dans un fauteuil (Femme dans un fauteuil, figure, 1927) et des natures mortes, avant de se tourner vers la sculpture en 1928, aidé dans son travail par son compatriote et ami Julio Gonzàles, sculpteur de métal. Lors de son séjour à Dinard en 1929 il peint une série de baigneuses (Grande Baigneuse 1929), de femmes assises et d'étranges portraits à tête double. Seize des derniers « tableaux magiques » ont été peints sur des portes d'armoires démontées, faute de moyens !

A cette époque les œuvres primitives et l'Art Nègre sont à la mode. Picasso s'en inspire en géométrisant le dessin de ses visages aux traits modifiés et aux formes sinueuses (Dormeuse, 1927). Peu à peu des déformations apparaissent avec des déplacements des parties des visages et des corps ainsi que des exagérations : les traits se résument maintenant à des signes, les cheveux à des lignes droites, le nez est placé au-dessus des yeux en amande marqués d'un point noir central et la bouche est dentée (Buste de femme avec autoportrait, février 1929). Les volumes devenus monumentaux sont en métamorphose continuelle. Les motifs sont souvent répétés et les contrastes accentués.

La peinture de Picasso devient plus intellectuelle car il donne à certains de ses sujets un pouvoir presque spirituel !

La reconnaissance de Picasso arrive enfin grâce au grand marchand de l'époque Paul Rosemberg qui expose dans sa galerie quelques-uns de ces tableaux magiques en 1929 et 1930. Vus par une clientèle d'amateurs américains fortunée, ils sont diffusés largement aux Etats- Unis.

Une exposition remarquable d'œuvres si singulières, de tableaux « magiques » aux figures si étranges, presque mystérieuses, parfois violentes, qui marquent un tournant majeur dans le style et le travail de Pablo Picasso.

Brigitte Roussey

Jusqu'au 23 février 2020- Musée national Picasso Je




Brigitte ROUSSEY
Journaliste

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