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« Le mécénat dans une optique d'intérêt général »

« Le mécénat dans une optique d'intérêt général »
DR - Delphine Botti

EconomieServices Publié le ,

Quelle est la motivation des entreprises à être mécènes ?

Auvergne-Rhône-Alpes est une terre historique de mécénat, de la part des entreprises, et de philanthropie pour les particuliers. Elle est la deuxième région en termes de dons au niveau national. Selon la Fondation de France, la générosité des Français, toute forme de dons pris en compte, s'élève à environ 7,5 Md€ par an. Près de 40 % proviendraient du mécénat des entreprises. Leur motivation est avant tout de servir l'intérêt général et non une raison fiscale. Les entreprises qui donnent sont toujours des entreprises en très bonne santé financière et qui estiment que leur rôle ne s'arrête pas à un profit économique. Elles le font par conviction. De plus en plus d'entreprises se posent la question du sens, aussi parce que leurs collaborateurs sont en quête de valeurs. Beaucoup s'interrogent : comment mon entreprise peut-elle faire plus ? comment mettre mon entreprise au service d'un intérêt plus grand ? comment permettre à mes salariés de s'engager différemment ?

Considérez-vous le mécénat d'entreprise comme une niche fiscale ?

Non, pas du tout. Une entreprise qui fait un don n'attend aucune contrepartie. C'est donc une erreur de définition de parler de niche fiscale. Il y a de toute façon des plafonds. Une entreprise qui fait 1 M€ de chiffre d'affaires peut déduire au maximum 5 000 €. On est loin d'une niche fiscale. Et c'est même un dispositif plutôt mal connu des entreprises. De plus, une étude de l'Admical constate qu'une entreprise sur deux ne fait pas jouer son crédit d'impôt. On note cependant que les entreprises sont assez mal à l'aise avec le sujet. Qu'elles communiquent mal, auprès du grand public notamment. Alors que ce sujet, qui peut s'avérer délicat, doit s'inscrire dans une politique de mécénat réfléchie, bénéfique à l'entreprise, à son image et à ses collaborateurs pour bâtir un véritable projet d'entreprise.

Quel impact aurait une réforme du gouvernement sur ces réductions fiscales liées au mécénat et à la philanthropie ?

Elle pourrait avoir un impact auprès des très grandes entreprises, qui pourraient réduire leurs dons. Mais nous nageons en plein paradoxe : d'un côté, on demande aux entreprises de s'impliquer et de l'autre, on envisage de leur couper l'herbe sous le pied. Les promesses importantes avancées au moment de Notre Dame ont suscité une émotion au sein du grand public. Mais il faut aussi prendre conscience que tous les dons en moins des entreprises correspondent à davantage de financements publics et moins d'argent pour les associations qui en ont besoin. Car le mécénat d'entreprise concerne en majorité des projets sociétaux et sociaux, moins la culture. L'impact serait donc très important sur la société tout entière. Le prochain Projet de loi de finance en dira plus sur ces mesures.

Menaces sur la fiscalité du mécénat, mardi 25 juin

L'Admical organise un petit-déjeuner le mardi 25 juin de 8h30 à 10h, au Crédit Agricole Centre-Est, à Lyon. L'objectif est d'alerter sur les « réformes possibles et les changements que risquent de subir les entreprises mécènes en 2020 et sur comment elles peuvent peser sur les propositions qui vont être débattues au parlement à partir de septembre 2019 ». Clara Lemonnier, responsable juridique et affaires publiques d'Admical, répondra aux questions des entreprises.

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